Session : EUROPAN 9

Année de lancement : 2007

Pays : France

Statut : Organisateur

Nombre de sites : 6

Nombre de participants : 200

Niveau de documentation : 75%

Sites

Sites

Généralités

Calendrier
- 1 & 2 décembre 2006 : Forum européen des sites, Berlin, Allemagne
- 29 janvier 2007 : annonce du lancement du concours
- mars 2007 : événement français de lancement
- 28 juin 2007 : date limite d'envoi des projets
- 30 novembre et 1er décembre 2007 : Forum européen des villes et des jurys à Catane
- 18 janvier 2008 : annonce des résultats
- février 2008: rencontre villes et candidats primés
- 31 mai 2008 : forum européen des résultats
- juin 2008: Ă©vènement de clĂ´ture de la 9ème session en France 
Description
 

Jury

Président
Philippe Laurent 
Membres nationaux
  • Philippe Madec, Architecte, Française
  • FrĂ©dĂ©ric Bonnet, Architecte, Française
  • Etienne CrĂ©pon, administratif, Française
  • Guy Bernfeld, MaĂ®tre d'ouvrage, Française
  • Alfred Peter, Paysagiste, Française
  • Bruno Gabrielli, Architecte, Italienne
Membres étrangers
  • Hans Thoolen, Architecte, urbaniste, Hollandaise
  • Sebastian Redecke, Architecte, Allemande
Membres suppléants
  • Damaly Gastineau-Chum, MaĂ®tre d'ouvrage, Française
  • Alain Bertrand, MaĂ®tre d'ouvrage, Française
Rapport du jury
La 9e session d’Europan a tenu ses promesses en attirant de nombreux candidats français et européens et suscité pour les sites français un engouement qui ne se dément pas d’année en année. Le concours Europan demeure pour les jeunes architectes un passionnant challenge les menant à une double réflexion architecturale et urbaine, théorique et opérationnelle et à travailler sur des échelles inaccessibles et inconnues dans des projets classiques : 200 équipes se sont penchées sur les thèmes de cette 9e session, urbanité européenne, ville durable et nouveaux espaces publics, adaptées à l’hexagone et aux six sites proposés par des villes françaises. 44 se sont intéressées à l’ancien site portuaire du Havre, stratégique pour la ville et dont la proximité de l’eau et de l’activité industrielle est source de réponses très variées. 17 d’entre elles ont choisi Clermont-Ferrand, répondant à la volonté de la ville de mener une profonde réflexion sur le site historique et en partie classé que l’hôpital quittera en 2009. 49 ont travaillé sur le site rémois et l’avenir d’une portion d’autoroute vouée à devenir un boulevard, plus urbain et un peu moins fréquenté par les voitures et les camions. 26 se sont intéressées à la cité Sellier à Mulhouse que son propriétaire, l’Opac, se propose de rénover par l’architecture et le travail sur les espaces publics. 35 ont répondu sur le site de Bordeaux, une vaste friche ferroviaire dont l’aménagement permettra de désenclaver la cité des Aubiers au nord de la ville. 29 enfin ont choisi de réfléchir à l’aménagement des anciens terrains du Giat à Saint-Chamond, un vaste espace clos de murs sur lequel la ville et la communauté urbaine souhaiteraient conserver d’anciennes halles témoins d’un riche passé industriel.

Les sessions du jury, en octobre et en décembre 2007, se présentaient comme un long marathon. Après avoir décortiqué tous les projets, les membres du jury en avaient retenu 40 à l’issue d’une première sélection. Les mailles du second filet furent plus étroites. La session Europan 9 a finalement désigné 12 équipes lauréates et mentionnées, et cité cinq projets remarqués pour l’une ou l’autre de leurs qualités. Le succès du concours ne se dément pas, souvent considéré par de nombreux candidats comme une « confrontation avec le réel, plus enrichissante que le travail en agence ». Et, comme de plus en plus jeunes, les architectes ont à leur disposition des moyens de « production » sophistiqués. Du coup, les dossiers de candidatures rivalisaient, cette année encore, d’inventivité dans le trait et dans le concept, d’audace signalétique et de visions léchées. Mieux, en permettant une osmose totale entre la réalité et le virtuel, l’imagerie numérique retravaillée offre une vision parfois intéressante alors même qu’elle illustre un projet difficile à réaliser tel que. Les membres du jury furent d’autant plus enclins à rechercher et à remarquer, dans ces projets au rendu très professionnel, l’idée ou l’approche éventuellement critique qui paraissait la plus originale et la meilleure réponse à une demande formulée par une ville dans un cahier des charges.

Cette année, le concours abordait plusieurs thèmes : comment développer des qualités d’urbanité tout en répondant à la demande actuelle d’un habitat individualisé proche de la nature ? Comment penser, dans les villes suburbaines, de nouveaux espaces publics autres que les places et les rues traditionnelles ? Comment aborder la gestion des mobilités envisagées dans leur complexité et de manière moins mono-centrée sur la voiture. Comment aborder la question de la ville durable ? Est-elle HQE, est-elle « réversible », est-elle évolutive ?

Le jury a apprécié que les candidats ne tombent pas dans le panneau du « tout vert » : ville durable ne signifie pas végétalisation à outrance et interstices forcément plantés. Ainsi, la prise en compte du grand paysage à l’horizon et sa mise en scène peut être une réponse comme l’ont compris beaucoup des candidats ayant travaillé sur les sites de Saint-Chamond et de Clermont-Ferrand. De même, le choix du vide protégé pour abriter une évolution urbaine future mais encore inconnue est une idée, émergée de plusieurs projets, qui a retenu l’attention, notamment dans le projet lauréat à Bordeaux, « Field ».
Les architectes, les maîtres d’ouvrage et les personnalités réunis pour juger les projets ont également apprécié l’audace des candidats prompts à remettre en question les programmations imposées par les villes. A Saint-Chamond, « Histoire(s) de Coteaux » envisage de placer des logements là où le site semble inutilisable et le relie ainsi à la ville. A Mulhouse, les projets primés « Mix-cité du Sellier » et « U & I Blocks » vont finalement à l’encontre du futur envisagé par la ville de détruire la cité Sellier, même progressivement. Sensibles aux problématiques de démolition-reconstruction, les jeunes architectes proposent plutôt une densification progressive qui aboutit à une restructuration à terme. Aucun ne défend la tabula rasa ni la destruction, notion qui semble d’ailleurs incongrue à ces futurs professionnels de la conception et de la construction. A Bordeaux, le projet baptisé « La ville de plus près » adopte une approche extrêmement critique des méthodes de travail et des formes du projet urbain. Il pose la question de la durabilité comme une possible réversibilité des espaces, plutôt que de remplir, définir ou figer de manière systématique le foncier. Dans ce projet comme dans d’autres, l’approche des espaces publics est sans doute la mieux maîtrisée par les candidats qui naviguent du public au privé en passant par un statut de « semi », plus ou moins ouvert. Tous ont bien compris que l’un des enjeux de la ville contemporaine et durable résidait dans ce que l’on qualifie encore souvent de « vides ». D’un projet à l’autre, ces « vides » se révèlent actifs, créateurs de lien social, parfois protecteurs d’un paysage ou d’un passé à conserver, gardiens d’un foncier convoité comme au Havre dans le projet « Pier to Pier»… Peu abordent en revanche la question de la gestion de ces espaces ni totalement privés, ni complètement publics. Les villes en revanche y seront directement confrontées.

Le jury a enfin apprécié l’inventivité des propositions relatives aux logements. Question d’époque, de vécu ou de génération, l’habitat prend des formes partagées, cogérées, modulables qui n’existent toujours qu’à dose homéopathique dans la réalité de la production architecturale et de la promotion immobilière.

Comme lors des autres sessions, et après avoir entendu les villes dĂ©rouler leurs souhaits puis leurs avis sur les premières sĂ©lections, le jury n’a pas forcĂ©ment rĂ©compensĂ© les rĂ©ponses « Ă  la lettre ». Europan demeure un lieu de dĂ©bat et de recherche urbaine oĂą peuvent s’exprimer avec succès des critiques, des points de vue avant-gardistes et des contre-pieds. A l’issue de cette session et au vu des rĂ©sultats, certaines des villes ont inflĂ©chi leurs points de vue, entamĂ© une nouvelle rĂ©flexion sur la programmation des sites mis au concours il y a quelque 18 mois. Cette première Ă©tape est dĂ©jĂ  une rĂ©ussite. 

Organisation

Secrétaire général
Anne Vigne 

Revue de presse

VERAN Cyrille, 'concours Europan 9, Six quartiers français en quête de renouveau' in Le Moniteur, 20 avril 2007
DAVOINE Gilles, 'concours Europan 9, à la recherche de la ville durable' in Le Moniteur, 15 février 2008
 

Liste des documents (téléchargement)